Reveries of a Solitary Walker

Original French Version

























































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'' J'ai remarqué dans les vicissitudes d'une longue vie que les époques des plus douces jouissances et des plaisirs les plus vifs ne sont pourtant pas celles dont le souvenir m'attire et me touche le plus. Ces courts momens de délire et de passion, quelque vifs qu'ils puissent être, ne sont cependant, et par leur vivacité même, que des points bien clairsemés dans la ligne de la vie. Ils sont trop rares et trop rapides pour constituer un état; et le bonheur que mon cœur regrette n'est point composé d'instans fugitifs, mais un état simple et permanent, qui n'a rien de vif en lui-même, mais dont la durée accroît le charme, au point d'y trouver enfin la suprême félicité.

Tout est dans un flux continuel sur la terre. Rien n'y garde une forme constante et arrêtée, et nos affections, qui s'attachent aux choses extérieures, passent et changent nécessairement comme elles. Toujours en avant ou en arrière de nous, elles rappellent le passé, qui n'est plus, ou préviennent l'avenir, qui souvent ne doit point être: il n'y a rien là de solide à quoi le cœur se puisse attacher. Aussi n'a-t-on guère ici-bas que du plaisir qui passe; pour le bonheur qui dure, je doute qu'il y soit connu. A peine est-il, dans nos plus vives jouissances, un instant où le cœur puisse véritablement nous dire: Je voudrois que cet instant durât toujours. Et comment peut-on appeler bonheur un état fugitif qui nous laisse encore le cœur inquiet et vide, qui nous fait regretter quelque chose avant, ou désirer encore quelque chose après?

Mais, s'il est un état où l'âme trouve une assiette assez solide pour s'y reposer tout entière, et rassembler là tout son être, sans avoir besoin de rappeler le passé ni d'enjamber sur l'avenir, où le temps ne soit rien pour elle, où le présent dure toujours, sans néanmoins marquer sa durée et sans aucune trace de succession, sans aucun autre sentiment de privation ni de jouissance, de plaisir ni de peine, de désir ni de crainte que celui seul de notre existence, et que ce sentiment seul puisse la remplir tout entière; tant que cet état dure, celui qui s'y trouve peut s'appeler heureux non d'un bonheur imparfait, pauvre et relatif, tel que celui qu'on trouve dans les plaisirs de la vie, mais d'un bonheur suffisant, parfait et plein, qui ne laisse dans l'âme aucun vide qu'elle sente le besoin de remplir. Tel est l'état où je me suis trouvé souvent à l'île de Saint-Pierre, dans mes rêveries solitaires, soit couché dans mon bateau que je laissois dériver au gré de l'eau, soit assis sur les rives du lac agité, soit ailleurs, au bord d'une belle rivière ou d'un ruisseau murmurant sur le gravier.

De quoi jouit-on dans une pareille situation? De rien d'extérieur à soi, de rien sinon de soi-même et de sa propre existence; tant que cet état dure, on se suffit à soi-même, comme Dieu. Le sentiment de l'existence dépouillé de toute autre affection est par lui-même un sentiment précieux de contentement et de paix, qui suffiroit seul pour rendre cette existence chère et douce à qui sauroit écarter de soi toutes les impressions sensuelles et terrestres qui viennent sans cesse nous en distraire et en troubler ici-bas la douceur. Mais la plupart des hommes, agités de passions continuelles, connoissent peu cet état, et, ne l'ayant goûté qu'imparfaitement durant peu d'instans, n'en conservent qu'une idée obscure et confuse qui ne leur en fait pas sentir le charme. Il ne seroit pas même bon, dans la présente constitution des choses, qu'avides de ces douces extases ils s'y dégoûtassent de la vie active dont leurs besoins toujours renaissans leur prescrivent le devoir. Mais un infortuné qu'on a retranché de la société humaine, et qui ne peut plus rien faire ici-bas d'utile et de bon pour autrui ni pour soi, peut trouver, dans cet état, à toutes les félicités humaines des dédommagemens que la fortune et les hommes ne lui sauroient ôter.

Il est vrai que ces dédommagemens ne peuvent être sentis par toutes les âmes, ni dans toutes les situations. Il faut que le cœur soit en paix, et qu'aucune passion n'en vienne troubler le calme. Il y faut des dispositions de la part de celui qui les éprouve; il en faut dans le concours des objets environnans. Il n'y faut ni un repos absolu, ni trop d'agitation, mais un mouvement uniforme et modéré, qui n'ait ni secousses ni intervalles. Sans mouvement la vie n'est qu'une léthargie. Si le mouvement est inégal ou trop fort, il réveille; en nous rappelant aux objets environnans, il détruit le charme de la rêverie, et nous arrache d'au dedans de nous, pour nous remettre à l'instant sous le joug de la fortune et des hommes et nous rendre au sentiment de nos malheurs. Un silence absolu porte à la tristesse. Il offre une image de la mort: alors le secours d'une imagination riante est nécessaire et se présente assez naturellement à ceux que le Ciel en a gratifiés. Le mouvement qui ne vient pas du dehors se fait alors au dedans de nous. Le repos est moindre, il est vrai, mais il est aussi plus agréable quand de légères et douces idées, sans agiter le fond de l'âme, ne font pour ainsi dire qu'en effleurer la surface. Il n'en faut qu'assez pour se souvenir de soi-même en oubliant tous ses maux. Cette espèce de rêverie peut se goûter partout où l'on peut être tranquille, et j'ai souvent pensé qu'à la Bastille, et même dans un cachot où nul objet n'eût frappé ma vue, j'aurois encore pu rêver agréablement. ''



― Jean-Jacques Rousseau




'' I have remarked during the vicissitudes of a long life, that the periods of sweetest enjoyment, and most lively pleasure, are not those whose remembrance wins and delights me most. These moments of delirium and passion, however charming they might be, appear from their vivacity itself, but as points thinly scattered along the line of life, being too detached and rapid to constitute any permanent idea of felicity. The happiness my heart regrets is not composed of fugitive moments, but is an uniform and lasting condition, which has nothing ravishing in itself, but whose continuation increases the charm, till at length it arrives at supreme felicity.

Everything fluctuates on earth; nothing remains in a constant and lasting form, and those affections which are attached to external things necessarily change with their object. We are ever looking forward or backward, ruminating on what is past, and can return no more, or anticipating the future, which may never arrive; there is nothing solid to which the heart can attach, itself, neither have we here below any pleasures that are lasting. Permanent, happiness is, I fear, unknown, and scarcely is there an instant in our most lively enjoyments when the heart can truly say, May this moment last forever!!! How then can such a fugitive state be called happiness, which leaves an uneasy void in the heart, which ever prompts us to regret something that is past, or desire something for the future?

But if there is a state where the soul can find a hold strong enough to lean on securely, to attach its whole being to, without a single wish to recall the past or anticipate the future, where time appears avoid, and the present is extended without our noticing its duration, or tracing its successions without any idea of privation or enjoyment, pleasure or pain, desire, fear, or sensation, except of our existence, that sentiment alone employing it, while this state lasts, the person who feels it may call himself happy; not possessing an imperfect happiness, poor and dependent, but a complete felicity, perfect and full, which leaves no wish or void in the soul.

Such is the state in which I frequently found myself in the island of Saint Pierre, in my solitary reveries; whether stretched in a boat which I let float to the will of the waters, seated on the banks of the agitated Lake, on the borders of a beautiful river, or by a brook murmuring over its pebbled bottom.

In what does the enjoyment of such a situation consist? In nothing beyond ourselves, nothing foreign to our own existence, for while this state lasts (like the supreme) the enjoyment of that alone is sufficient felicity. The consciousness of existence, divested of every other sensation, is a sentiment of contentment and peace, which alone suffices to render it dear and satisfactory to whoever can put away those sensual and earthly affections which perpetually disturb and embitter our terrestrial felicity.

But the greater part of mankind, agitated by continual passions, are little acquainted with this state, and having imperfectly enjoyed it, during a few instants, perhaps, thence form a very inadequate idea, which prevents their feeling its worth. Perhaps it might not be convenient, in the present order of things, that, lost in pleasing ecstasies, mankind should be disgusted with an active life, since their multiplied wants have prescribed it as a duty. But an unfortunate being, cut off from human society, who can no longer perform anything useful here below, either for himself or others, may find in this state a pleasing consolation, which neither fortune or man can deprive him of.

It is true that these consolations cannot be felt by all minds, nor in all situations. It is necessary that the heart should be at peace, that no passion should arise to disturb this calm; it requires not only a disposition adapted to it on the part of the person who is to experience this felicity, but a concurrence of surrounding objects; neither an absolute repose, or too much agitation but an uniform form and moderate disposition, not subject to sudden gusts of passion, or utter despondency.—Without motion, life is but a lethargy; but if the agitation is unequal, or too violent, it awakens our feelings, fixes them too much on external objects, destroys the pleasure of the reverie, and, tearing us from ourselves, instantly replaces us under the yoke of fortune and mankind, giving us back the sensation of our misfortunes. Absolute rest is productive of melancholy, and presents the image of death; then the assistance of a cheerful imagination is necessary, which voluntarily presents its aid to those on whom Heaven has bestowed it. This degree of emotion, therefore, if not supplied by outward objects, should arise from within ourselves; this lessens our repose 'tis true, but it is also more agreeable, when the inward soul does nothing more than lightly touch the surface. There should be only just enough to recollect ourselves, and forget all our misfortunes. This kind of reverie may be enjoyed in every situation where we can obtain tranquillity; and I have often thought that in the Bastile, or in a dungeon, where no object struck my sight, I could enjoy agreeable contemplations. ''


― Jean-Jacques Rousseau


'' J'ai remarqué dans les vicissitudes d'une longue vie que les époques des plus douces jouissances et des plaisirs les plus vifs ne sont pourtant pas celles dont le souvenir m'attire et me touche le plus. Ces courts momens de délire et de passion, quelque vifs qu'ils puissent être, ne sont cependant, et par leur vivacité même, que des points bien clairsemés dans la ligne de la vie. Ils sont trop rares et trop rapides pour constituer un état; et le bonheur que mon cœur regrette n'est point composé d'instans fugitifs, mais un état simple et permanent, qui n'a rien de vif en lui-même, mais dont la durée accroît le charme, au point d'y trouver enfin la suprême félicité.

Tout est dans un flux continuel sur la terre. Rien n'y garde une forme constante et arrêtée, et nos affections, qui s'attachent aux choses extérieures, passent et changent nécessairement comme elles. Toujours en avant ou en arrière de nous, elles rappellent le passé, qui n'est plus, ou préviennent l'avenir, qui souvent ne doit point être: il n'y a rien là de solide à quoi le cœur se puisse attacher. Aussi n'a-t-on guère ici-bas que du plaisir qui passe; pour le bonheur qui dure, je doute qu'il y soit connu. A peine est-il, dans nos plus vives jouissances, un instant où le cœur puisse véritablement nous dire: Je voudrois que cet instant durât toujours. Et comment peut-on appeler bonheur un état fugitif qui nous laisse encore le cœur inquiet et vide, qui nous fait regretter quelque chose avant, ou désirer encore quelque chose après?

Mais, s'il est un état où l'âme trouve une assiette assez solide pour s'y reposer tout entière, et rassembler là tout son être, sans avoir besoin de rappeler le passé ni d'enjamber sur l'avenir, où le temps ne soit rien pour elle, où le présent dure toujours, sans néanmoins marquer sa durée et sans aucune trace de succession, sans aucun autre sentiment de privation ni de jouissance, de plaisir ni de peine, de désir ni de crainte que celui seul de notre existence, et que ce sentiment seul puisse la remplir tout entière; tant que cet état dure, celui qui s'y trouve peut s'appeler heureux non d'un bonheur imparfait, pauvre et relatif, tel que celui qu'on trouve dans les plaisirs de la vie, mais d'un bonheur suffisant, parfait et plein, qui ne laisse dans l'âme aucun vide qu'elle sente le besoin de remplir. Tel est l'état où je me suis trouvé souvent à l'île de Saint-Pierre, dans mes rêveries solitaires, soit couché dans mon bateau que je laissois dériver au gré de l'eau, soit assis sur les rives du lac agité, soit ailleurs, au bord d'une belle rivière ou d'un ruisseau murmurant sur le gravier.

De quoi jouit-on dans une pareille situation? De rien d'extérieur à soi, de rien sinon de soi-même et de sa propre existence; tant que cet état dure, on se suffit à soi-même, comme Dieu. Le sentiment de l'existence dépouillé de toute autre affection est par lui-même un sentiment précieux de contentement et de paix, qui suffiroit seul pour rendre cette existence chère et douce à qui sauroit écarter de soi toutes les impressions sensuelles et terrestres qui viennent sans cesse nous en distraire et en troubler ici-bas la douceur. Mais la plupart des hommes, agités de passions continuelles, connoissent peu cet état, et, ne l'ayant goûté qu'imparfaitement durant peu d'instans, n'en conservent qu'une idée obscure et confuse qui ne leur en fait pas sentir le charme. Il ne seroit pas même bon, dans la présente constitution des choses, qu'avides de ces douces extases ils s'y dégoûtassent de la vie active dont leurs besoins toujours renaissans leur prescrivent le devoir. Mais un infortuné qu'on a retranché de la société humaine, et qui ne peut plus rien faire ici-bas d'utile et de bon pour autrui ni pour soi, peut trouver, dans cet état, à toutes les félicités humaines des dédommagemens que la fortune et les hommes ne lui sauroient ôter.

Il est vrai que ces dédommagemens ne peuvent être sentis par toutes les âmes, ni dans toutes les situations. Il faut que le cœur soit en paix, et qu'aucune passion n'en vienne troubler le calme. Il y faut des dispositions de la part de celui qui les éprouve; il en faut dans le concours des objets environnans. Il n'y faut ni un repos absolu, ni trop d'agitation, mais un mouvement uniforme et modéré, qui n'ait ni secousses ni intervalles. Sans mouvement la vie n'est qu'une léthargie. Si le mouvement est inégal ou trop fort, il réveille; en nous rappelant aux objets environnans, il détruit le charme de la rêverie, et nous arrache d'au dedans de nous, pour nous remettre à l'instant sous le joug de la fortune et des hommes et nous rendre au sentiment de nos malheurs. Un silence absolu porte à la tristesse. Il offre une image de la mort: alors le secours d'une imagination riante est nécessaire et se présente assez naturellement à ceux que le Ciel en a gratifiés. Le mouvement qui ne vient pas du dehors se fait alors au dedans de nous. Le repos est moindre, il est vrai, mais il est aussi plus agréable quand de légères et douces idées, sans agiter le fond de l'âme, ne font pour ainsi dire qu'en effleurer la surface. Il n'en faut qu'assez pour se souvenir de soi-même en oubliant tous ses maux. Cette espèce de rêverie peut se goûter partout où l'on peut être tranquille, et j'ai souvent pensé qu'à la Bastille, et même dans un cachot où nul objet n'eût frappé ma vue, j'aurois encore pu rêver agréablement. ''



― Jean-Jacques Rousseau




'' I have remarked during the vicissitudes of a long life, that the periods of sweetest enjoyment, and most lively pleasure, are not those whose remembrance wins and delights me most. These moments of delirium and passion, however charming they might be, appear from their vivacity itself, but as points thinly scattered along the line of life, being too detached and rapid to constitute any permanent idea of felicity. The happiness my heart regrets is not composed of fugitive moments, but is an uniform and lasting condition, which has nothing ravishing in itself, but whose continuation increases the charm, till at length it arrives at supreme felicity.

Everything fluctuates on earth; nothing remains in a constant and lasting form, and those affections which are attached to external things necessarily change with their object. We are ever looking forward or backward, ruminating on what is past, and can return no more, or anticipating the future, which may never arrive; there is nothing solid to which the heart can attach, itself, neither have we here below any pleasures that are lasting. Permanent, happiness is, I fear, unknown, and scarcely is there an instant in our most lively enjoyments when the heart can truly say, May this moment last forever!!! How then can such a fugitive state be called happiness, which leaves an uneasy void in the heart, which ever prompts us to regret something that is past, or desire something for the future?

But if there is a state where the soul can find a hold strong enough to lean on securely, to attach its whole being to, without a single wish to recall the past or anticipate the future, where time appears avoid, and the present is extended without our noticing its duration, or tracing its successions without any idea of privation or enjoyment, pleasure or pain, desire, fear, or sensation, except of our existence, that sentiment alone employing it, while this state lasts, the person who feels it may call himself happy; not possessing an imperfect happiness, poor and dependent, but a complete felicity, perfect and full, which leaves no wish or void in the soul.

Such is the state in which I frequently found myself in the island of Saint Pierre, in my solitary reveries; whether stretched in a boat which I let float to the will of the waters, seated on the banks of the agitated Lake, on the borders of a beautiful river, or by a brook murmuring over its pebbled bottom.

In what does the enjoyment of such a situation consist? In nothing beyond ourselves, nothing foreign to our own existence, for while this state lasts (like the supreme) the enjoyment of that alone is sufficient felicity. The consciousness of existence, divested of every other sensation, is a sentiment of contentment and peace, which alone suffices to render it dear and satisfactory to whoever can put away those sensual and earthly affections which perpetually disturb and embitter our terrestrial felicity.

But the greater part of mankind, agitated by continual passions, are little acquainted with this state, and having imperfectly enjoyed it, during a few instants, perhaps, thence form a very inadequate idea, which prevents their feeling its worth. Perhaps it might not be convenient, in the present order of things, that, lost in pleasing ecstasies, mankind should be disgusted with an active life, since their multiplied wants have prescribed it as a duty. But an unfortunate being, cut off from human society, who can no longer perform anything useful here below, either for himself or others, may find in this state a pleasing consolation, which neither fortune or man can deprive him of.

It is true that these consolations cannot be felt by all minds, nor in all situations. It is necessary that the heart should be at peace, that no passion should arise to disturb this calm; it requires not only a disposition adapted to it on the part of the person who is to experience this felicity, but a concurrence of surrounding objects; neither an absolute repose, or too much agitation but an uniform form and moderate disposition, not subject to sudden gusts of passion, or utter despondency.—Without motion, life is but a lethargy; but if the agitation is unequal, or too violent, it awakens our feelings, fixes them too much on external objects, destroys the pleasure of the reverie, and, tearing us from ourselves, instantly replaces us under the yoke of fortune and mankind, giving us back the sensation of our misfortunes. Absolute rest is productive of melancholy, and presents the image of death; then the assistance of a cheerful imagination is necessary, which voluntarily presents its aid to those on whom Heaven has bestowed it. This degree of emotion, therefore, if not supplied by outward objects, should arise from within ourselves; this lessens our repose 'tis true, but it is also more agreeable, when the inward soul does nothing more than lightly touch the surface. There should be only just enough to recollect ourselves, and forget all our misfortunes. This kind of reverie may be enjoyed in every situation where we can obtain tranquillity; and I have often thought that in the Bastile, or in a dungeon, where no object struck my sight, I could enjoy agreeable contemplations. ''


― Jean-Jacques Rousseau